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Comprendre la position de Renault
Un bref historique de la situation du groupe Renault
Après les ennuis au Japon en 2028 de l’ancien président-directeur général du groupe Renault, Carlos Ghosn, deux personnes ont été nommées à la tête du groupe : Thierry Bolloré en novembre 2018, nommé directeur général, et Jean-Dominique Senard en janvier 2019 au poste de président du groupe. Monsieur Jean-Dominique Senard, qui est actuellement toujours en poste , né en 1953, va quitter ses fonctions en 2027. Il est particulièrement connu pour son travail chez Michelin.
En 2019, par suite des difficultés posées l’épineux dossier Nissan, Thierry Bolloré a été remplacé par Luca de Meo pour prendre le poste de directeur général. Après avoir contribué à redresser la situation financière de Renault, Luca de Meo quitte Renault en prenant en 2025 la direction générale du groupe de luxe Kering.
En juin 2025 François Provost est nommé, en remplacement de Luca de Meo, au poste de directeur général.
Ces turbulences à la tête du groupe Renault ont été le résultat de l’échec qui a suivi les opérations lancées par l’ancien PDG du groupe, échec qui a nécessité de lourdes réorientations pour résoudre le contentieux avec Nissan.
En 2025, les comptes de Renault étaient toujours dans le rouge, bien que la rentabilité des opérations se soit redressée. Renault a annoncé une perte massive de 10,9 milliards d’euros pour un chiffre d’affaires mondial de 57,9 milliards d'euros avec 2 336 807 véhicules livrés. Mais un examen plus détaillé des comptes s’impose. En effet 9,5 milliards de ces pertes proviennent d’une « opération comptable » due à la dévalorisation des actions Nissan détenues par le groupe Renault. La vente de véhicules par le groupe est rentable, mais, au dire de la direction du groupe, les marges dégagées par véhicule ne sont pas suffisantes, en particulier pour soutenir les gros investissements nécessaires dans le domaine des véhicules électriques face à la concurrence internationale.
Position de Renault dans le monde
En 2024, le groupe Renault était le 13ème constructeur mondial en termes de chiffre d’affaires (56 milliards d’euros et 2,3 millions de véhicules vendus), le premier étant le groupe Volkswagen avec un CA de 324 milliards d’euro et 8,7 millions de véhicules vendus.
Au niveau européen, en 2024, Renault était le 3ème fabricant derrière Volkswagen et Stélantis, avec 1,3 millions de véhicules vendus en Europe.
Quels sont les motifs invoqués par Renault pour justifier la fermeture du centre de Villiers Saint Frédéric ?
Il faut réduire les coûts face à la concurrence.
A cette fin, la direction s’est engagée à forte diminution des coûts, « de 400 euros par an et par véhicule. Renault affirme avoir déjà atteint cette performance en 2025. Il faut notamment monter des batteries moins chères sur les modèles électriques.
La direction annonce également une « baisse de 40% des investissements nécessaires pour les nouveaux produits » ainsi qu’une réduction du délai de développement des nouveaux véhicules à deux ans ». Et toujours pour réduire les coûts, la direction organise une meilleure standardisation des technologies employées.
D’où le regroupement des équipes et des moyens au sein de pôles de compétences.
Les bâtiments de Villiers Saint Frédéric sont devenus surdimensionnés et obsolètes.
Les nouvelles normes d’efficacité énergétique des bâtiments prévues à l’horizon 2030 nécessiteraient un investissement trop important pour mettre à niveau les bâtiment de Villiers.
De plus, les réductions d’effectifs des dernières années ont rendu le site de Villiers-Saint-Frédéric surdimensionné et donc trop coûteux.
Ces réductions d’activités pour les ingénieurs devraient se poursuivre, malgré le lancement prochain de nouveaux utilitaires ; Trafic, Estafette et Goélette E-Tech.
Le tout doit probablement être aggravé par l’introduction de l’IA, qui permet de diminuer le nombre d’heures nécessaires pour pouvoir concevoir un véhicule.